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La mallette

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Image par Andreas Lischka de pixabay


La mallette


Andreï posa la Pravda dans sa mallette, la une, datée du 31 mai 1971 était retournée…
-Ces cowboys ! Aux lieux de lancer leur jouets devraient mater leur rébellion internes ! Pensât-il.

La Zil 114 venait de s’arrêter dans l’enclave principale d’une exploitation agricole prototype en RSS kazakhe.
Andreï se dit en lui même que le site était bien choisit. Dans le fond aucuns espions ricains ne se seraient inquiétés d’une grosse voiture en plein centre d’une ferme. Vraiment le projet « Campagne des terre vierge » était une aubaine, dans un centre de recherche nucléaire, le projet qu’il supervisait n’aurait pas fait long feux, trop d’espions…

Andreï était trop précautionneux vraiment trop, il savait qu’il était paranoïaque et la hantise de l’espion de l’ouest, planait comme un sombre spectre dans les tréfonds de son inconscient.
Ses supérieurs aussi le savaient, c’est aussi pour cela qu’ils l’avaient choisit comme titulaire du projet.

Un conscrit au allure de paysan, vint lui ouvrir la portière. Il verrouilla la mallette de sécurité et la saisit par la poignée. La menotte cliqueta en se cognant. Cette mallette d’apparence anodine était un quitte ou double pour son porteur. L’ouvrir sans le bon code, c’était l’explosion, et tenter d’enlever la menotte qui la reliait au porteur sans la clef aurait le même résultat.

La seule possibilité au porteur était de fournir un code spécifique lors d’un interrogatoire musclé, qui briserait une cartouche sous pression d’une combinaisons d’acides fortement corrosif sauf pour le revêtement interne de la mallette.

Andreï sourit à cette évocation. Pour donner le code acide, dans le jargon, faillait-il encore être bon comédien, et se laisser tabasser avant d’avouer péniblement le vrai mauvais code. Celui qui ferrait disparaître tout le contenu de la mallette ! Mais dans la théorie c’était vrai, le porteur ne risquait pas l’explosion, mais lui pensait surtout à la réaction de l’espion après avoir ouvert la mallette vide !
Ne valait il pas mieux exploser avec l’espion, plutôt que subir ses représailles ?

Le communiste aurais agit autrement. Il aurais abattu dignement le porteur pour sa valeur et sa fidélité au partit. Le capitaliste lui se serait vengé bassement pendant longtemps de la valeur des biens perdus ! C’était ainsi que raisonnai Andreï.

- Camarade ? Dit avec respect le conscrit qui lui tenait la porte.
Andreï lui fit signe de la tête, et descendit de la grosse voiture pour suivre l’individu vers les bureaux administratifs. Tout semblait correct, il devait passer pour un simple conseillé du Partit venu en visite officielle…

le temps était clément, il pouvait voir les collaborateurs travailler à de multiples tâches agricoles, les engins lourds et plus légers de manutention effectuaient un ballet entre les divers entrepôts et bâtiment du complexe, de lourdes machine agricoles sommeillaient dans les vastes hangars, Andreï aimait sentir l’odeur des fermes d’exploitation…

Mais il ne s’y attarda pas, un homme vêtu sobrement d’un costume gris clair l’attendait au pied de l’accueil. Le professeur Iosif Iosveïne Zhivenkov …

- Bienvenu Andreï Androvovitch. Sa voix calme et mielleuse était une injure pour Andreï, quand il entendait le Professeur prononcer son patronyme. Il admirait Iosif pour son savoir et ses compétences, mais pas pour son caractère ni pour son passé lourd et ténébreux.
Toute traces officielles du Professeur semblaient inexistante… Et pourtant, Andreï avait pu avoir quelques brides de-ci de-là et le peut qu’il avait put dénicher, lui faisait froid dans le dos. Bien sur Zhivenkov était bien connu, trop même, à tel point qu’à lui seul il méritait le secret d’état et sa place dans les mythes et légendes sur le sarcophage de Lénine…

- Professeur… Lui répondit-il en hochant la tête. C’était aussi un agacement pour Andreï. Ce phénomène ne prétendait pas suivre les protocoles d’usages et bonne mœurs, se faire appeler Professeur était pour lui la plus grande marque de respect ! Digne des pays occidentaux et ramassis de capitalistes.

Iosif souriant de satisfaction, fit entrer Andreï et entama les discutions.

- Nous avons bien travaillé… l’exploitation est, disons, en bonne voie de croissance…
- Avez-vous déjà des résultats ?
- Allons mon ami, mon brave ami, chaque chose en sont temps…

Andreï marqua sont irritation.

- Ho! C’est très juste, j’oubliai! La Mère Patrie Camarade! Soyons égaux. Ironisa le professeur. Puis il poursuivit :
- Bien sur que nous avons des débuts de résultats… Sinon, Andreï Androvovitch, vous ne seriez pas ici.
- Très bien Professeur, j’apprécie vos efforts! Répondit Andreï avec une menace sourde dans le ton de la voix.

Le Professeur était entrain de remplir deux verres de vodka.
- Na zdrovie! Clama t’il en tendant l’un verre à son hôte.
- Na zdrovie. Répondit Andreï avant de le siffler.
Les deux culs de verre vide claquèrent sur la table ensemble.

- Voyons vos résultats maintenant.
- Auriez-vous quelques choses pour moi ? Dit Iosif.

Andreï fit un soupir amusé, et posa la mallette sur le bureau. Avant de l’ouvrir, il toisa le Professeur qui s’approchait avide. Lentement il fit tourner chacune des six bagues, dans un petit cliquetis.
Iosif s’impatientait. Clic. Clic. Clic…

Lentement Andreï tourna ensuite la valise vers le professeur avec un sourire désemparant. Ce dernier posa les pouces sur les boutons d’ouvertures et fixa Andreï dans les yeux.
Ce dernier retient son souffle.
Juste au moment ou Iosif pressait les boutons. Andreï émit un grand : BOUM !

Iosif se releva, le sourcil en coin.

- Camarade Andreï soyez sérieux. Vous n’avez plus l’âge pour ces enfantillages…
La valise s’ouvrit.
- Haaa ?! La Pravda ! Voyons voir un peu les dernières sornettes de ces propagandistes.
Andreï se racla la gorge, Outré.
- Je le garde pour plus tard, tout compte fait ! Voyons voir ce qu’il y à d’autre…

Le professeur en sortit deux enveloppes format 30 par 21 scellées, et deux plus petites, scellées aussi mais en plastique cassable. Il en saisit une et la tendit à Andreï
- Tenez voici votre partie du code de chiffrement!

Ensuite il ouvrit une des deux grandes enveloppes. Brisât son code, et fit lecture silencieuse. Il bouta ensuite les documents dans le poêle brûle-tout et les fit disparaître.

- Bien… Allons voir nos cultures expérimentales, mon cher Androvovitch. Dit-il, la voix légèrement chevrotante.