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Le masque de chair

Il était une fois…

Monsieur-tout-le-monde, un bonhomme gentil en apparence, mais griffu dans l’âme.
Pourri jusqu’à l’os !

Normal et simple, Monsieur-tout-le-monde était étrange, du moins quand on le regardait bien…

Pas naturel, il intriguait, regardait beaucoup , se taisant, et hochait la tête. Parfois souriant ou rigolant. Mais jamais il ne voulait se montrer vrai.

Pourquoi ?

Parce-que Monsieur-tout-le-monde était doué d’un pouvoir terrible et maléfique !
Il était né de l’obscurité sans visage… Il avait pourtant un nez, deux yeux, deux oreilles, une bouche. Mais ce n’était qu’un masque de chair qu’il animait comme il voulait.

Son pouvoir était de modifier son masque de chair !

Ainsi il n’était personne, juste Monsieur-tout-le-monde, et pourtant il pouvait être n’importe qui ! Quel pouvoir fascinant…
Il s’adaptait, souriait quand c’était nécessaire, pleurait quand il fallait être triste.

Mais au fond de lui, il n’y avait aucuns autres sentiments que la colère.
Monsieur-tout-le-monde ne se rendait même pas compte qu’il n’était personne, ce n’était pas lui mais les autres!

Forcément ! Puisqu’il prenait le masque que les autres aimaient voir…
Pauvre Monsieur-tout-le-monde, ses amis le disaient si souvent, il était si gentil, si parfait, bien éduqué, et pourtant il lui arrivait tellement de malheurs.

C’est vrai, il racontait son histoire, ses tristesses, il ne méritait pas tout ce qu’il lui arrivait.
Il y avait toujours quelqu’un pour lui faire du mal. C’était normal après tout qu’il soit toujours en colère. Le monde lui en voulait tellement !

Et ses amis l’aidaient tout le temps, le consolaient, l’écoutaient…
Cela, Monsieur-tout-le-monde aimait bien, quelque part il ne se sentait pas seul. Il y avait des gens autours de lui pour l’écouter, le plaindre.

Cet ainsi que Monsieur-tout-le-monde avait construit sa vie ! Il imitait les autres tellement bien que partout, il était accueillit les bras ouverts.
Mais comme il était né dans les ombres et qu’il n’avait qu’un masque de chair sans visage, il ne pouvait pas ressentir la joie ou l’amour.

Des sentiments comme ceux-là, Monsieur-tout-le-monde les détestait encore plus, car sa malédiction l’empêchait d’être heureux.
C’est vrai que quand on a tout le temps un masque de chair qui cache son vrai visage, on ne sait pas l'être.
Et Monsieur-tout-le-monde en voulait beaucoup à ceux qui étaient heureux naturellement. Si fort qu’il en était jaloux.

Il ne savait même pas l’expliquer. Son cœur n’était qu’un brasier de jalousie de haine et de colère envers ce qui était beau et mieux que lui !

Parce-que Monsieur-tout-le-monde pensait tellement fort qu’il était le meilleur au monde, il savait tout reproduire à la perfection !
Et de toute façon quand il n’arrivait pas à refaire ce qu’un autre avait fait, et bien il le cassait !!!

Monsieur-tout-le-monde manquait beaucoup d’imagination, sauf quand c’était pour raconter des histoires tristes, que ses amis écoutaient avec passion...
Ses mensonges étaient si bien racontés qu’on pensait que tout était réel !

Et Monsieur-tout-le-monde, se sentait fier de ses mensonges, à un point tel qu’il arrivait à penser que tout ce qu’il racontait comme bêtises lui étaient réellement arrivées.

Sacré Monsieur-tout-le-monde…

Mais parfois il arrivait que la vérité sortait d’un autre endroit, mais la vraie vérité, pas celle de Monsieur-tout-le-monde !

Et à ces moments-là, Monsieur-tout-le-monde faisait tout pour que ses histoires soient vraies, il mentait encore plus, essayait de raconter autre chose, et si cela ne marchait pas, son cœur s’enflammait tellement d’une rage si forte qu’il cassait tout !

Et quand il voyait ce qu’il avait cassé, il prétendait que ce n’était pas lui, mais à cause des autres…

Et bien souvent ça fonctionnait ! Car Monsieur-tout-le-monde avait tellement de masques différents qu’en toutes circonstances, il pouvait mettre un nouveau visage qui convenait à ceux qui l’écoutaient.

Mais un jour, Monsieur-tout-le-monde, après avoir encore cassé le bonheur de quelqu’un, et malgré le masque qu’il mettait, la vraie vérité éclata !

Il essayât de nier, puis de trouver des excuses, puis il racontât une autre histoire, mit d’autres masques, essaya d’accuser un autre…
Mais rien ne marchait !

La vérité était devant lui, froide et tranchante.

Ses mains étant rouges de sang pour les autres, autour du cercueil de sa victime...



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La Plume